besoin

“Comment être un bon parent ?”
C’est une question qu’on me pose souvent dans les formations que j’anime. La réponse est simple : Le bon parent est celui dont on a plus besoin !
C’est triste mais, après, il nous restera plus qu’à être de bons grands parents.
le rôle du parent est d’amener progressivement l’enfant à satisfaire ses besoins en autonomie.

Evolution de la source de satisfaction des besoins

Et donc, la question suivante, c’est : oui mais quels sont les besoins de l’enfant ?

Les besoins de l’enfant ET de l’adulte

Un besoin représente toute chose perçue comme indispensable pour quelqu’un. Le besoin vise à combler un manque chez la personne. Ce manque peut être physiologique (manger, dormir, se reproduire …) mais aussi psychologique (affection, être aimé, appartenir à un groupe …)

Dans les sciences sociales, des théories du besoin, il y en a pas mal. Abraham Maslow et sa pyramide sont les plus connus car c’était la première. Elle s’est trouvée souvent remise en question. D’autres théoriciens ont apporté leur touche :   Douglas McGregorFrederick HerzbergDavid McClelland.

Mais, pour sa simplicité, c’est le modèle de Tony Robbins que je vais utiliser. Bien sûr, des besoins, il y en a des dizaines, mais ce modèle propose de les regrouper en 6 grands besoins. : 

  • Sécurité
  • Insécurité
  • Importance
  • Amour
  • Grandir
  • Contribuer

Pour des adultes, ces 6 besoins ne sont pas d’égale importance. Pour certains la sécurité sera prioritaire, pour d’autres ce sera l’amour ou la contribution. Chacun a son histoire.

Les besoins de l’enfant sont les mêmes, mais leur importance relative dépend de l’âge.

Un seul besoin fondamental : survivre

En fait, si l’on voulait vraiment regrouper les besoins, comme toutes les espèces vivantes, on en a qu’un seul : survivre.

Et pour survivre, la nature nous a dotés de différentes stratégies qui sont très efficaces puisque nous sommes maintenant plus de 7 milliards d’humains sur terre alors que des milliers d’espèces ont disparu. (en partie à cause de nous ! 😢)

Pour survivre, quand on est un homme, on fait comment ? Je vais être basique. Il faut … (suspense) … rester en vie. Et pour ça, il faut donner à notre corps de l’eau, de la nourriture, une protection pour ne pas se faire manger par plus gros que nous et on doit avoir une descendance. Le dernier, c’est pour survivre même après la mort. 🙂

Même le besoin de spiritualité indique notre volonté de survivre. En effet, en appartenant à quelque chose de plus grand que notre existence terrestre, on aura une vie après la vie terrestre.

Le premier besoin est donc d’assurer notre sécurité. Dans tous les sens du terme.

Besoin de sécurité

Étant encore faible et fragile, parmi les besoins de l’enfant, la sécurité est le plus important.

Ce terme est à prendre au sens large. Cela inclut le besoin de protection, de ne pas subir d’agression, mais aussi le besoin d’avoir à boire ou à manger. C’est le besoin de rester en vie. Que notre corps continue à fonctionner.

C’est donc aussi le besoin d’être rassuré sur l’avenir, savoir qu’il ne va rien arriver de dangereux. Et c’est pour ça qu’une personne pour qui le besoin de sécurité est important va apprécier les activités routinières, sans surprises. Elle va chercher la sécurité de l’emploi, Elle va avoir du mal à gérer la nouveauté, du mal à s’adapter aux changements. Elle a besoin de la sécurité apportée par des situations qui se répètent à l’identique.

Dans un besoin de sécurité, on va chercher à contrôler notre environnement. C’est pour être sûr de maitriser les choses et ne pas avoir de surprises. La nouveauté est vécue comme un danger. Une maman qui s’inquiète pour ses enfants va chercher à contrôler tout ce qu’ils font.

Si c’est nouveau, c’est mauvais. Il ne faut jamais ne pas avoir peur.

Le père Croods
Les crocs

Protection

En ce qui concerne la protection, nous les humains, on n’est pas très bien doté. Le tigre est rapide et il a de super crocs, l’hippopotame est très fort, le serpent venimeux, le lapin rapide et habile pour se cacher, même le moustique est plus fort que nous. C’est l’animal qui tue le plus de personnes. Si si, c’est vrai ! À travers les maladies qu’il propage.

Mais nous, nous n’avons pas tout ça, pas de super griffes, nous ne sommes pas particulièrement rapides, pas de cornes, de dard, de camouflage … Au fond, on n’est pas très gâtés par la nature. Alors, quelles sont nos forces pour nous protéger ou attraper notre nourriture ? Le groupe et notre intelligence.

Seul face à un mammouth, c’est perdu d’avance. Mais, si on est 10 ou 20, il fait moins le malin le mammouth ! 🙂

Et en plus, si on a construit des lances et un piège, l’issue du combat ne fait plus aucun doute :

Mammouth 0 – humains 1

D’ailleurs, les mammouths ont disparu !

L’homme est donc fort quand il est en groupe et qu’il réfléchit avant d’agir.

Cela va permettre de comprendre les 5 autres besoins du modèle de Tony Robbins. 

Besoin d’insécurité et besoin de grandir

Pour être surs de maitriser notre environnement, nous devons donc apprendre le plus possible sur ce qui nous entoure. Et nous sommes donc équipés de deux programmes internes qui nous poussent à apprendre : le besoin d’insécurité et le besoin de grandir. Merci dame nature ! 👍 

Besoin d’insécurité

Le besoin d’insécurité qu’on appelle l’appelle aussi le besoin de variété, nous incite à expérimenter des choses variées, nouvelles.

Ce besoin nous pousse à aller vers l’inconnu pour découvrir le monde. C’est de la curiosité, qui n’est pas un vilain défaut, c’est juste l’expression du besoin de se rassurer en comprenant son environnement. Même si cela peut faire peur d’aller vers l’inconnu, on doit découvrir le monde qui nous entoure pour pouvoir anticiper les dangers.

Pour nous pousser à partir vers l’inconnu, malgré la peur, la nature nous a fourni un élément de motivation. Dès que nous faisons quelque chose de nouveau, notre cerveau nous récompense en sécrétant des hormones qui nous font sentir bien. C’est la récompense.

Sécurité et insécurité

Mais, vous allez me dire : peut-on avoir 2 besoins opposés ? Sécurité et insécurité. Oui. Parce qu’en fait, c’est toujours le besoin de sécurité qui nous pousse à nous mettre en insécurité. 

Non, non, je ne délire pas. Pour être en sécurité, il faut connaitre le plus possible notre environnement et donc il faut aller l’explorer, le découvrir pour que les nouveautés ne soient plus nouvelles, pour que l’inconnu devienne connu.

N’y a-t-il pas une contradiction entre les besoins de sécurité et d’insécurité ?

En fait, la sécurité est prioritaire sur les autres besoins. On doit d’abord se sentir en sécurité avant de ressentir le besoin de variété. Si dans son environnement proche, on n’est pas en sécurité, on ne ressent pas le besoin d’explorer l’extérieur.

On a, par exemple, montré que les gens qui n’ont pas ressenti la sécurité dans l’enfance ont plus tendance à avoir des difficultés à gérer les changements et les nouveautés. Ils sont plus contrôlants et apprécient les routines.

À l’inverse l’inverse, ceux qui ont fait le plein de sécurité dans l’enfance sont plus ouverts, plus innovants. Ils osent se lancer dans des défis ou dans les activités nouvelles.

C’est la seule hiérarchie dans les besoins, la sécurité avant tout ! Un bon parent assure la sécurité de ses enfants.

Besoin de grandir

Le deuxième besoin, grandir, nous incite à apprendre le plus possible, à évoluer en permanence et toujours devenir de plus en plus performant.

Certaines espèces animales sont complètement opérationnelles dès la naissance. Ce sont les animaux qui n’ont pas besoin de leurs mères. Les tortues naissent seules, sortent de leurs coquilles, foncent vers la mer et vont faire leur vie. D’autres ont besoin d’un minimum d’éducation pour apprendre à se nourrir ou se défendre. C’est le cas des mammifères.

L’homme, quant à lui, avant d’être autonome, il lui faut des années. Un bébé humain ne survit pas seul. Il a besoin d’apprendre pour se débrouiller dans la vie.

Heureusement que ce gout pour l’apprentissage est inné. L’homme ressent le besoin d’évoluer en développant sans cesse de nouvelles compétences. Encore une fois, merci à la nature pour cette formidable capacité à apprendre. Apprendre est un besoin fondamental de l’être humain. On est toujours en train d’apprendre. Je ne parle pas d’école, je parle de savoir ce qu’il se passe autour de nous.

Certains regardent le journal pour savoir ce qu’il se passe dans le monde. D’autres passent des heures sur Facebook. C’est aussi pour apprendre ce que font les autres. L’objectif est toujours d’apprendre le plus de choses possible.

Les besoins sociaux

Les autres besoins sont liés au groupe. 

Puisqu’on survit plus longtemps en groupe, la nature nous a donné des besoins sociaux qui permettent de s’assurer qu’on reste protégé par le clan. Le fonctionnement est simple. Notre cerveau nous procure une sensations de plaisir dans les moments de connexion avec nos proches. On peut distinguer 3 besoins en lien avec les autres :

  • l’amour nous pousse à nous relier aux autres ;
  • la contribution nous invite à prendre soin des membres du groupe ;
  • l’ importance nous apporte plus de protection. En effet, si je suis important pour le groupe, ils me protègeront d’autant plus.

Besoin d’amour, de connexion

Afin d’assurer la survie, on doit assurer la cohésion du groupe et pour ça, la nature a mis en place un stratège plutôt futé. Lorsqu’on se sent connecté aux autres, notre cerveau sécrète de l’ocytocine. Appelée la molécule du bonheur, elle nous fait sentir bien. Notre corps sécrète cette molécule dès la petite enfance. Elle est responsable de l’attachement entre un enfant et sa mère.

Et comme l’ocytocine est une substance addictive, on va chercher à reproduire l’expérience de la connexion en prenant soin des autres. Le tour est joué !

Cet attachement aux autres est réciproque. On a autant besoin d’aimer que d’être aimé. Ici, on parle d’amour au sens large, ce qui inclut l’amitié, l’amour pour son conjoint, ses enfants …

Le besoin d’appartenance à un groupe en fait partie également. Ce besoin est capital pour les adolescents. En effet, biologiquement parlant, la puberté marque la fin de l’enfance et il n’y a pas si longtemps que ça, à l’adolescence on quittait ses parents. Et donc, à partir de l’adolescence, il fallait appartenir à un nouveau groupe. Les ados ont besoin d’appartenir à une bande pour se sentir en sécurité.

Besoin de contribuer

Pour assurer la cohésion du groupe, on a le besoin d’amour. Le besoin de contribution correspond au besoin de faire sa part dans l’œuvre  collective. En plus d’assurer notre propre survie, on doit assurer la survie du groupe, qui me protège. Et donc, nous sommes poussés à contribuer au bien-être des autres. Être utile va procurer de la joie et pour retrouver ce bien être, on va chercher à aider quelqu’un.

C’est d’ailleurs une stratégie efficace pour lutter contre les coups de blues. Si vous vous n’avez pas le moral, aider quelqu’un. Au bout de quelques minutes, votre cerveau produira de l’ocytocine et tout ira mieux.

Plusieurs études ont montré que les personnes qui se mettent au service des autres sont plus heureuses que celles qui roulent pour eux. L’égoïsme ne rend pas heureux, ça rend aigri et jaloux. La meilleure façon d’être heureux dans la vie, c’est d’œuvrer  pour le bonheur des autres.

Nous avons besoin d’apporter quelque chose au monde qui nous entoure, d’aider les autres, de rendre le monde meilleur. Une vie est incomplète sans que l’on ait apporté une contribution aux autres ou à une cause. Il est dans la nature des êtres humains à vouloir donner.

Cela peut être : donner de son temps au service de la communauté, faire un don, planter les arbres, ou s’occuper de ses enfants ou ses petits-enfants.

Contribution au bien-être de la communauté est indispensable à un sentiment d’accomplissement et de bonheur.

Besoin d’importance

Toujours pour assurer notre survie, on doit pouvoir compter sur les autres membres du clan. Mais si on est important dans le groupe, on sera encore plus en sécurité. Les autres vont me protéger. Donc, là encore, notre biologie bien faite nous donne la solution. Le cerveau déclenche la sécrétion de sérotonine lorsqu’on se sent important. C’est la molécule de la fierté. Et celle-ci, comme l’ocytocine, nous fait sentir bien. Ainsi, notre biologie nous pousse à faire les fiers, à nous sentir importants.

Inutile de nier, nous partageons tous le besoin de se sentir important, nécessaire, utile et digne d’estime. Nous voulons compter pour les autres. Nous souhaitons que notre présence sur terre ait une certaine importance.

Malheureusement, ce besoin d’importance nous incite parfois à aller à l’encontre du besoin d’amour et on peut être poussé à dénigrer les autres. Nous sommes souvent pris dans des questions de supériorité et d’infériorité. Nous pouvons nous sentir important quand nous avons accompli quelque chose de bien. Mais nous pouvons aussi chercher cette importance en démolissant quelque chose ou en rabaissant quelqu’un.

Ce besoin explique notre difficulté, naturelle, à reconnaitre nos erreurs. Parfois avec une mauvaise fois évidente, nous nions nos erreurs. Par fierté, comme on dit.

Mais cette “fierté” n’est que l’expression de la panique ressentie lorsqu’on risque d’être exclu du groupe. Nier ses erreurs dit : “j’ai peur de me retrouver seul. Au secours ! gardez-moi avec vous.”

Pour conclure

On a donc identifié 6 besoins : sécurité, insécurité, importance, amour, grandir et contribuer. On a également vu que le plus important est la sécurité et que les autres sont des déclinaisons du premier.

Dans la partie 2 de l’article, le modèle sera appliqué aux besoins de l’enfant.

Au bonheur des enfants

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2 réponses pour “Les besoins de l’enfant : partie 1.”

  • Merci pour cette vision différente des besoins de l’être humain. Personnellement, je connais la Pyramide de Maslow et je savais que cette théorie était remise en question. Personnellement je pense que vis vis des enfants les besoins qui sont majeurs (outre ceux primaires) sont ceux “sociaux” enfin le besoin d’amour. Malheureusement on ne naît pas tous égaux, sur ce plan.

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